Connaissez-vous les saints de notre diocèse ?

12 mai 2020

Ils sont attachés au Vaucluse : figures de quelques saints et bienheureux de notre diocèse.

Saint Agricol

Né en Avignon au 7e siècle. La maison de ses parents aurait eu le même emplacement où se trouve aujourd’hui l’église édifiée à son nom.
Magne son père était juriste et avec son épouse ils vivaient en famille un climat de foi vivante comme une école de sainteté. Agricol eut assez jeune la vocation de moine et il partit à l’abbaye de Lerins où il fut ordonné prêtre. Son père, devenu veuf, a été aussi ordonné prêtre ,
et est devenu évêque d’Avignon.
A sa mort les avignonnais ont appelé Agricol de Lerins pour qu’il devienne leur évêque. Sa vie spirituelle et son zèle pastoral l’ont amené à faire des miracles de son vivant. Il est mort en réputation de saint.

Bienheureux César de Bus

Le bienheureux César de Bus est né à Cavaillon le 3 février 1544. En l’Année Sainte 1575, il est saisi par le Christ qui fait de lui un catéchiste passionné. Le 29 septembre 1592, à l’Isle sur la Sorgue, il fonde la Congrégation des Pères de la Doctrine Chrétienne qui, fidèle à sa tradition et au Magistère de l’Église, partage son charisme avec les laïcs : la vie fraternelle en communauté en vue de l’exercice de la doctrine chrétienne, c’est à dire l’annonce de la Parole de Dieu par une catéchèse accessible, compréhensible et proche de la vie de ceux à qui elle s’adresse.

Sainte Catherine de Sienne

Née en 1347, à Sienne, Catherine, à six ans, a une première vision de Jésus. Un an après, elle fait voeu de virginité et décide de se consacrer entièrement à Dieu. Cette décision lui vaut les persécutions de sa famille. C’est à l’âge de seize ans qu’elle rejoint une confrérie du tiers-ordre de saint Dominique sans vie communautaire.
En 1373, Catherine de Sienne commence ses prédications publiques. Autour d’elle se regroupe une nouvelle famille, les Caterinati, des hommes et des femmes, des prêtres, des laïcs, riches ou pauvres. Ils se placent sous sa maternité spirituelle et l’accompagnent en mission, de la Toscane à Rome en passant par Avignon.
Dans son amour pour l’Eglise, sainte Catherine lutte pour l’unité et pour le retour du Pape dans la Cité éternelle. Pour ses enseignements et ses soins prodigués à l’Eglise, Paul VI la proclame docteur de l’Eglise en 1970, en même temps que Thérèse d’Avila, disant d’elle : « Elle est la mystique du corps mystique ».

Saint Claude de la Colombière

Né à Saint-Symphorien d’Ozon, en 1641, Claude La Colombière entra dans la Compagnie de Jésus en 1659 au Noviciat d’Avignon (Chapelle Saint Louis). Après son ordination, en 1669, il se consacra à l’enseignement de la rhétorique et à la prédication. Il prêcha en Avignon pour la canonisation de Saint François de Sales.
Il aida efficacement sainte Marguerite-Marie Alacoque par son accompagnement spirituel en l’assurant ainsi que sa Supérieure de la véracité de ses Révélations du Sacré Coeur de Jésus. Il est devenu avec elle un grand apôtre du Sacré-Coeur.
Envoyé à Londres comme prédicateur de la duchesse d’York, à la suite de diverses calomnies, il y fut condamné à la prison et à l’exil. Il mourut à l’âge de 41 ans, en 1682, à Paray-le-Monial, fut béatiifié par Pie XI en 1929 et canonisé par Jean-Paul II le 31 mai 1992.

Saint Eutrope

Eutrope naquit à Marseille au début du Ve siècle. Peu exemplaire dans sa jeunesse, il se convertit après la mort de sa femme profondément chrétienne. Il mena alors une vie édifiante et fut ordonné diacre. Vers 463, il fut choisi comme évêque d’Orange. Dans cette ville ruinée par les invasions des Barbares, il s’attela avec courage à sa charge pastorale, partageant son temps entre la prière et le travail manuel. Tout en administrant la cité en reconstruction, il n’hésitait pas à se faire lui-même agriculteur ou maçon pour secourir son peuple et améliorer son sort.
Il mourut après l’an 475, un 27 mai, au chant du dernier verset du psautier : « Que tout être vivant chante louange au Seigneur ». Sa sainteté a été confirmée par de nombreux miracles en faveur des malades et des affamés.

Saint Florent

Florent naquit au Ve siècle et reçut une formation monastique. Il fut sans doute abbé du monastère de la Clastre dans un faubourg d’Orange (à l’emplacement de l’actuel couvent de la Nativité). Il fut élu évêque de cette cité après l’an 500. Il continua la restauration du diocèse et contribua à la construction de la cathédrale Notre-Dame. Mais, en 509, la ville fut prise par les Ostrogoths et ses habitants déportés avec leur évêque à Fidentia près de Plaisance en Italie. Grâce à l’intervention de St Césaire d’Arles auprès du roi Théodoric, cette captivité fut courte. Florent fut présent en 517 au concile d’Epaone (Albon) contre l’arianisme ainsi qu’aux conciles de Lyon et d’Arles de 524. Il mourut avant 527.
Ses reliques sont vénérées à la cathédrale Notre-Dame des Doms d’Avignon et à l’église Saint-Florent d’Orange. Il est fêté le 16 octobre.

Bienheureuses martyres d’Orange

Durant les troubles de la Révolution française, 29 religieuses chassées de leurs couvents (certaines d’Avignon) avaient trouvé refuge dans une maison de Bollène. Là, depuis 18 mois, elles partageaient une vie de prière et de totale pauvreté.
Elles furent arrêtées en avril 1794 pour avoir refusé de prêter le serment de liberté-égalité exigé par la municipalité et que leur conscience réprouvait. Elles furent incarcérées le 2 mai à Orange. Les religieuses s’organisèrent en communauté et passaient leur temps à prier. 32 d’entre elles furent condamnées à mort par la Commission populaire et elles furent guillotinées.
Leur tombe se trouve à la chapelle de Gabet. Des reliques se trouvent dans l’église Saint-Agricol d’Avignon.

Saint Maurice

Maurice était le commandant en chef de la 22 ème Légion romaine qui comprenait un certain nombre de chrétiens, dont lui . Cette Légion comptait environ 6000 hommes. Ayant été envoyé en Gaule, il apprit qu’il était venu, non seulement pour mater une insurrection, mais aussi et surtout pour persécuter les chrétiens. Maurice fit alors savoir à l’Empereur Maximien qu’il n’obéirait pas, lui et ceux de sa Légion Thébaine qui partageaient sa foi, et qu’il n’avait qu’à les tuer en premier. L’Empereur décida alors de décimer cette légion rebelle. Ce fut un horrible massacre, aux uns on coupe la tête, aux autres on les perce de coups. Le sang coule, le fleuve rougit, les corps des martyrs demeurent étendus sur le sol.
D’après une légende, le glorieux chef de la Sainte Légion aurait fait boire son cheval, à une source à 3km de Caromb et en souvenir de son passage, les pieds de l’animal auraient laissé dans le roc une quadruple empreinte.

Père Le Quieu

Né à Paris le 23 février 1601, après des études de philosophie, il s’oriente vers le droit. A 21 ans, il entre chez les dominicains. En 1631, il devient maître des novices à Avignon et le sera pendant 4 ans. En 1636, il fonde un petit couvent à Lagnes pour les novices, puis un couvent au Thor avec 5 ou 6 religieux. Il apprécie beaucoup ces lieux et y vient régulièrement s’y ressourcer. En 1644, on lui retire la direction de ces couvents, car sa règle exige les « pieds nus ». Entre 1644 et 1650, il va à Rome et obtient de soutenir sa réforme. Entre 1658 et 1676, il fonde des couvents à Sault, Cadenet, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Vaison la Romaine et Bédoin qui restera inachevé.
Il créa la congrégation du Très Saint Sacrement et fut approuvé par les chapitres généraux des dominicains au 18e siècle. Il décède le 7 Octobre 1676 à Cadenet. Il avait à coeur d’évangéliser les campagnes et les protestants qui réfutent la présence de Jésus dans l’Eucharistie. Il vivait sa spiritualité dans le renoncement, l’adoration eucharistique, une grande dévotion mariale et un grand désir d’évangélisation.

Bienheureux Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus

Henri Grialou nait en 1894 dans l’Aveyron, et est le troisième enfant d’une fratrie de cinq. Devenu orphelin de père à 10 ans, il est déjà attiré vers le sacerdoce, et entrera au séminaire à 17 ans. Il découvre la vie de Soeur Thérèse de Lisieux qu’il ne cessera d’approfondir.

Mobilisé à 20 ans, il retournera au séminaire à la fin de la première guerre mondiale. Après avoir lu la vie de saint Jean de la Croix, il perçoit l’appel du Carmel. Il entre chez les Carmes en 1922 et reçoit le nom de Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus.

Sa vie est centrée sur l’oraison. Il fonde l’institut séculier Notre-Dame de Vie en 1932, présent notamment à Venasque dans le Vaucluse, qui comprend trois branches : laïcs hommes et femmes, et prêtres. Il meurt le 27 mars 1967 et est béatifié en 2016. Dans son livre « Je veux voir Dieu », il puise largement dans la pensée et les écrits de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, sainte Thérèse d’Avila, et de saint Jean de la Croix.

Saint Quenin

Quenin (ou Quinidus) naquit à Vaison d’une famille noble et chrétienne vers 500. Estimé pour sa piété, son esprit d’obéissance et sa science, il fut appelé par l’évêque de Vaison, Théodose, qui en fit son archidiacre. C’est à ce titre qu’il participa au concile d’Arles de 554.
Elu vers 556 pour lui succéder, il gouverna son diocèse en « bon pasteur » , dans la justice et la charité, ccomplissant les oeuvres de miséricorde et pratiquant le pardon des offenses.
Ses prédications et ses vertus étendirent sa renommée et on lui prête la guérison du général Mummol, gouverneur de la Provence, de passage à Vaison.
Il mourut le 15 février 578 ou 579 et fut enterré sous le maître-autel de sa cathédrale. Il fut canonisé au XIIe siècle. Il est le patron (fidélement fêté tous les ans par une neuvaine autour du 15 février) de sa ville et de son diocèse (rattaché depuis 1801 à celui d’ Avignon).

Saint Ruf

Rufus est cité deux fois dans la Bible : en tant que fils de Simon de Cyrène et comme faisant partie de la première communauté de chrétiens de Rome. Il suivit Saint Paul en Espagne et vint fonder l’Eglise d’Avignon. Il propagea l’Evangile de manière étonnante et fit bâtir, dit-on, une chapelle sur le rocher, où, selon la tradition, Charlemagne fit élever plus tard la basilique Notre-Dame des Doms.
Comblé d’années et de mérites, Rufus s’endormit dans le Seigneur vers l’an 90. Il est qualifié de« confesseur illustre par ses multiples vertus » et devint un de saints patrons de la ville d’Avignon.

Père Signoret

Augustin Signoret est né le 17 février 1902 à Gigondas. Ordonné prêtre dans les Missions Etrangères de Paris, il part pour la Chine en 1926.
Après une année d’étude du chinois, il bâtit une résidence avec chapelle, presbytère, école de garçons et de filles. En 1929, il est nommé curé d’un important district dont il visite sans cesse les nombreux catéchumènes et les chrétiens.
En 1937, il prend un congé en France et accepte la charge de professeur au petit séminaire. Fait prisonnier lors de la deuxième guerre mondiale, il est emmené en Allemagne. Devenu aumônier, il assure le culte pour les détenus.
Démobilisé, il doit attendre mars 1946 pour rejoindre sa mission en Chine. Il s’intéresse alors aux nombreux lépreux et construit pour eux une léproserie à Tahaitse qui rapidement accueille un millier de malades. Pour trouver des fonds, il écrit beaucoup de lettres et des articles dans les journaux. Le P. Signoret fait face à tous les besoins
avec beaucoup d’énergie et de dévouement, et organise efficacement la léproserie, où il est venu habiter. Il meurt assassiné le 27 janvier 1950.

Saint Véran

Saint Véran naquit près de Mende, au début du Vie siècle. Devenu clerc, il évangélisa le Gévaudan, puis mena une vie solitaire à Vaucluse. Il débarrassa la région d’un terrible dragon, le coulobre.
A son retour d’un pèlerinage à Rome, il fut nommé évêque de Cavaillon par la vox populi. Il siégea au concile de Macon en 585. En 587, il baptisa le fils de Childebert II d’Austrasie.
Il mourut à Arles et fut inhumé à Fontaine de Vaucluse. Ses reliques ont été transférées à Cavaillon en 1321.
Il fut ami de Grégoire de Tours qui a écrit de lui : « ce pontife était pourvu de grandes vertus en sorte
que, souvent, avec la grâce de Dieu, il guérissait les malades par un signe de croix. »

Saint Vincent Ferrier

Né en Espagne à Valence, le 23 janvier 1346 ou 1347, il entre à 17 ans au couvent des dominicains de sa ville et c’est là qu’il exerce son apostolat dans l’enseignement et la prédication jusqu’en 1390.
Il commence alors un itinéraire de Prêcheur qui le mène d’abord près du pape d’Avignon, puis, à partir de 1399, à travers le midi de la France, la Lombardie, le Piémont, la Suisse et la Savoie. Il visite ainsi le Dauphiné, où les Vaudois attentent plusieurs fois à sa vie. Il arrive à transformer le pays en obtenant de très nombreuses abjurations et un retour général à la foi catholique.
De retour en France il convertit les foules, soucieux de la paix de l’Église et de son unité, prêche inlassablement l’Évangile de la pénitence et la venue du Seigneur à des foules innombrables, remuées par sa parole véhémente et simple, les miracles et les prodiges.
Il meurt en Bretagne, au terme d’un carême prêché à Vannes, le 5 avril 1419. Il est canonisé en 1455.

Saint Elzéar et Bienheureuse Delphine

Elzéar (ou Auzias) de Sabran naquit en 1285 au château d’Ansouis ; Delphine (ou Dauphine) de Signe était née en 1282 au château de Puimichel dans le val de Durance. Il n’avait que 11 ans et elle 14 quand leurs familles décidèrent de les fiancer. Leur mariage fut célébré en 1299, mais Elzéar accepta de respecter la promesse de virginité faite par Delphine.
Puis il dut partir pour le royaume de Naples où il venait d’hériter du comté d’Ariano et il fut donc séparé de son épouse pendant plusieurs années. Il ne put revenir à Ansouis que vers 1314 et c’est alors, après une longue période d’épreuve et de réflexion, que les deux époux s’engagèrent dans un vœu de chasteté parfaite, portés par leur amour mutuel et confiant.
Cette vocation paradoxale fortifia leur vie commune d’union à Dieu, de prière, de piété eucharistique, de pénitence, de disponibilité à l’Esprit Saint et de dévouement aux autres. Ils s’efforcèrent concrètement d’assurer l’existence spirituelle et matérielle de leurs serviteurs, de leurs fermiers et de tous ceux qui vivaient sur leurs vastes domaines. Ils furent admis comme tertiaires dans l’Ordre de saint François d’Assise.
Leurs reliques sont conservées dans la cathédrale d’Apt et dans l’église d’Ansouis.